Vacances dans mon Poitou-charentes natal en ce printemps naissant.
Quelques jours à Cognac, chez la belle famille. Nous entamons quelques courses dans un supermarché, lorsque mon épouse croise l'une des ses connaissances d'antan. Un copain du coin. Avenant, sympathique. Rien du mauvais bougre.
Tour d'horizons des situations de chacun...
Mention de notre exil méditerranéen, plutot exotique vu d'ici. Ma femme évoque Marseille. Son interlocuteur s'interesse.
-Tu te plais là-bas ?
- Oui !
- Pas trop chaud ?
- Non, c'est agréable, le soleil... (etc...)
Echange banal, en somme. Puis :
-Pas trop gris ?
- ?.... (ma femme espère ne pas comprendre. Mais elle a compris)
- Oui, enfin...
- ?....
- Pas trop de .., disons, enfin...
Traduction pour couper court : « pas trop d'arabes ? »
- Ca ne me gène pas, je ne suis pas raciste.
- Ah ben t'as bien de la chance. (Enervement grandissant) Moi je pourrais pas vivre dans un pays comme ça.
Agacé, ma femme ironise.
- Tu sais, Marseille n'est pas un pays. C'est une ville.
- Oui, ben pour moi, c'est pareil, c'est un pays. Allez, j'y vais. Salut !
Virulente attaque de racisme ordinaire, assis sur un bon coussin de pathologie sociale, de peur.
Ce type n'a pas vu ma femme depuis 10 ans. En quelques secondes, pourtant, il renonce aux nouvelles d'usage pour en venir aux « arabes », puis perd le contrôle (de son raisonnement, de son intelligence, de son amabilité).
Obsession agissante. Pathologie profonde, inconsciente, en incapacité totale de s'auto-diagnostiquer.
Le plus effrayant, dans l'imbécilité, c'est qu'elle demeure hautement fière et satisfaite.
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